MALEDICTIONS ET MAUVAIS ESPRIT à HENGEL'EAU...
Le départ se fait déjà dans un rythme de course, puisqu'il me faut descendre à ALBI avec FRED pour rejoindre notre druide et chef mécano, afin de charger le camion ensemble.
Les préparatifs ont été fait le week-end dernier en équipe au garage de YVES, et le tout s'est un peu arrosé au champagne ; voilà ce que j'appelle une équipe soudée !!!
Ainsi, nous chargeons jeudi, en aménageant un espace dodo pour assurer les relais conduite-dodo dans de bonnes conditions.
Nul besoin d'être sur place trop tôt, puisque les essais libres sont le samedi matin, et les qualifs l'après-midi !
Départ effectif donc le jeudi soir, pour PARIS, ou nous passons récupérer notre CLAIRETTE (clown internationale !).
La distance d'ALBI à HENGEL'EAU est de 1300 km sans se perdre,nous décidons donc de dormir dans le camion en bas de chez CLAIRE.
Cela nous permet de scinder la route en 2 et de partir à l'aventure dans de meilleurs conditions, surtout pour lire les panneaux hollandais ...
Le continental circus international se remet donc en route au petit matin du vendredi.
Le gros avantage de ce camion en plus du confort dodo, c'est impossible de se prendre un radar même à l'aspi dans une descente avec le vent dans le dos !
Nous arrivons tranquillement en début d'après-midi à HENGEL'EAU ( HENGELO de sa vrai orthographe ...) sous une pluie et un vent fort de " bienvenue ".
Etrangement, on emprunte la piste pour arriver jusqu'au paddock ... Bizarre ??? non pas du tout !
c'est tout à fait normal puisque comme va très justement me dire un officiel, on n'est pas sur un circuit mais sur une route de campagne fermée !!!
L'ambiance se dessine peu à peu, avec la tente à SAMUELLA qui s'envole à quelques dizaines de mètres, suivie à l'aspi de la notre !
Après une installation qui nous met en forme et de bonne humeur pour le week-end, une tente solidement rafistolée, je m'octroie quelques instants pour partir à la découverte du tracé en scooter.
Et oui, l'avantage de rouler sur de la route fermée, c'est qu'on a le droit de faire le tour en scooter le soir !!! ( Il y a toujours un côté positif n'est-ce pas ?)
Le fait de rouler sur de la route fermée ne me dérange pas en soit si j'en accepte le défi comme le TT par exemple.
La différence ici, c'est qu'on a pas le choix, si on veut courir l'ensemble du championnat et la route est petite, très petite... 4,50 mètres de large et 5 mètres au plus large...
Pas assez de bottes de pailles pour tous les arbres, des entrées de maisons qui vont nous servir d'extension de piste, ça aurait pu être un mini TT ,MAIS avec une 2ème voie de 4,50 mètres.
Le tracé comporte différents types de virages qui manquent eux aussi de quelques mètres de large pour être amusants.
Bon, il va falloir faire avec ces conditions très particulière,s pour un championnat de type " européen de vitesse sur circuit (en principe !) ".
Les garçons préparent miss DUCATE, qui est si jolie toute propre avec un carénage jaune et rouge flambant neuf !
J'ai bien peur que ce soit la seule fois du week-end que nous la voyons aussi belle, vu le bourbier dans lequel nous nous trouvons déjà, sans parler de celui qu'il va falloir traverser pour seulement accéder à la " prégrille "( ou on a droit aux tapis de caoutchouc pour ne pas s'enfoncer dans la terre juste avant de prendre la route).
J'ai une pensée pour LYVIA LANCELOT avec qui j'avais discuté des similitudes et différences sur nos disciplines respectives cross et vitesse ; lors de la remise des prix FIM l'hiver dernier .
Ben en fait, LYVIA, je sens beaucoup de similitudes entre nos 2 disciplines tout à coup... !!!
SAMEDI MATIN 9H10 : La découverte de la route se fait piano-piano car devinez , il pleut !
Les feuilles d'arbres recouvrant la route dans les passages en forêt calment les esprits trop optimistes du matin, je prends quelques repères de freinage. La suspension toute souple est particulièrement bien adapté ; le braquet est un poil court, mais sur le mouillé c'est pas mal.
Première prise de contact dans mes objectifs, j'ai pris des repères pour tout à l'heure...
Le contrôle technique était on ne peut plus rapide : les freins marchent, pas de fuite apparente, ok pas besoin de démonter le carénage ; allez hop au suivant !
Nous devons mettre les transpondeurs pour la prochaine séance d'essais, pour avoir nos chronos.
2ème séance à 10H50 : Je gagne une bonne petite poignée de secondes sur cette route de MICKEY que j'apprends avec prudence.
Je suis en 2'17'3, derrière NINA PRINZ et PAOLLA CAZZOLA, et devant SAMUELLA DE NARDI et ALESSIA POLITA, donc bon espoir de bonne baston sur un terrain, ou les chevaux peuvent être plus facilement compensés.
Nous nous échangeons quelques répliques au freinage, histoire de nous mettre dans le bain pour la course !
La séance se termine, YVES et FRED changent les pneus pluie pour des neufs, car nous ne voulions pas les utiliser pour les essais libres.
C'était assez amusant car l'arrière est un ancien pneu d'époque de la coupe DUCATI, mais la taille (165) de l'arrière est un peu short quand même.
Le nouveau est un 180 alors pas de soucis.
J'ai une petite pensée pour XAVIER BOURGUIGNON qui s'est démené comme un diable pour me faire livrer mes pneus avant sculptés en V4 sur PARIS avant de partir, et il se trouve que pour l'instant je n'ai besoin que de pluies !
SAMEDI , 13H15 : C'est le speed dans la chaumière, la DUCATE ne démarre plus !
D'après YVES, le relais semble avoir pris l'humidité... Une opération rapide de démontage/séchage et ça redémarre, ouf !!!
Je pédale comme je peux dans la boue sur la petite DUCATE qui ne se plait pas du tout dans ce chemin digne d'un parcours de cross.
On redémarre à l'arrivée de la pré-grille, pas de soucis, elle répond.
Il y a du retard, donc on attend là, on ne va pas encore traverser le circuit de grass-track ...
Bon ça y est les barrières d'accès s'ouvrent, les motos démarrent sauf... la mienne... Miss DUCATE fait la gueule, elle ne veut pas y aller !!!
Grosse montée de stress parce que c'est les qualifs, et qu'il faut ramener la moto à la tente pour pouvoir faire quelque chose et que c'est la mer de m...e qu'il faut traverser pour seulement arriver jusqu'à la tente !

J'aborde un pilote local en route qui me donne les coordonnées 'un DUCATI store à 50mn d'ici, au cas ou, mais 50mn en voiture c'est trop loin à faire en scooter avec le risque de se perdre...
YVES parviens à faire repartir la moto mais il y a un faux contact quelque part, le coupe contact ne marche pas bien .
Bon, je pars quand même dans l'espoir de parvenir jusqu'à la piste.
Pour ça, je dois d'abord traverser la piste " grass-track " tout du long de la ligne droite des " stands " pour entrer dans le prochain virage.
Après avoir trouvé l'accès entre les maisons (qui n'était absolument pas indiqué !) via un trottoir recouvert d'herbe et des rangées de boites aux lettres...j'arrive enfin à " l'accès à la route " !
Je m'efforce de longer la route hors trajectoire sur le côté gauche le temps de déposer un peu la boue, mais je dois très vite me rendre à l'évidence : la DUCATE fait vraiment un rejet, elle refuse de prendre des tours en ratatouillant grave, ça fait un peu comme des coupures d'allumage.
Je fais un tour, m'arrête dans la voie des stands ou personne de l'équipe ne se trouve ; car on ne peut y accéder qu'en début de séance quand tout le monde traverse la route ! après c'est trop tard !
Je retente un tour, mais ça ne tourne pas rond, j'en retente un dernier et je rentre, ce n'est pas la peine.
J'ai le 10ème temps, on peut le regarder de 2 manières : pas mal avec une DUCATE en panne, ou comme je le vois moi : mortellement frustrant vu mes temps et ma position de ce matin. La trajectoire commençait juste à sécher, et maintenant il re-pleut.
On verra ce que ça donne tout à l'heure, essayons de rester zen, il n'y a rien d'autre à faire.
Pendant que les marchands de bottes et autres ponchos s'en mettent plein les fouilles, mes mécanos de chic et de choc s'affairent à opérer miss DUCATE pour la 2ème séance.
Le retard se cumule et notre 2ème qualif est annoncée avec au moins 30 minutes de retard. Dommage, la route a séchée sous quelques rayons de soleil ( qui seront les seuls du week-end.). Le vent par contre souffle de plus en plus fort, et fini par nous ramener tous ses potes les nuages et... là c'est le ciel qui nous tombe sur la tête.
Rafales de vent, grêlons, pluie torrentielle donc pas de 2ème séance qualif...
On va se réfugier sous la tente de nos très chères voisines LYDIA et SHARON, qui partagent nos emplacements de paddock depuis la saison dernière maintenant.
SHARON nous cuisine des toasts à la provençale pour remonter le moral des troupes. MERCI à toi SHARON, j'ai pu manger autre chose que des mueslis et du lait grâce à toi ! disons que la bouffe locale me repousse un peu : des steacks hâchés cuits dans l'huile avec les frites, j'ai du mal...
Sur ce, un dodo de bonheur , il y a espoir que demain soit un jour meilleur !
DIMANCHE matin : Le tic-tic des gouttes de pluie venant se fracasser sur le toit du camion nous réveille avec le ton de la journée qui s'annonce. On prend les mêmes et on recommence !
Le warm-up se passe bien malgré tout, j'ai le 3ème temps à nouveau, la DUCATE semble de meilleure humeur, elle marche !
La 2ème panne d'hier était un fil qui n'avait pas aimé la surcharge de boue du parcours de grass-track ( nécessaire à l'accès à la route...)
Cette fois, on fait hyper gaffe à la pousser délicatement, on emballe même les roues dans des couvertures improvisées en sac poubelle sur conseils des locaux.
La course est cet après-midi, après les 125 et les 250.
Bon ben de toute façon, les conditions seront les mêmes pour toutes alors voilà, GAZ !
On est toutes là à scruter le ciel, mais en vain c'est impossible de savoir, ça change trop vite .
Je vais voir le départ des 125, pour voir la procédure. Elle est au top, le tour de chauffe part comme un départ au drapeau, tous ensemble allez hop !
J'hallucine, ça sèche à nouveau ! c'est parti, il faut changer les pneus, je joue le pari du choix des secs.
FRED est toujours aussi top au " changeage de roues " et YVES précis dans ses actions, donc presqu'aussi vite que leur ombre, les roues sont changées.
En plus, YVES nous a sorti sa mini machine à pneus révolutionnaire, donc nous sommes totalement autonomes.
SHARON nous a trouvé un chemin plus long mais moins boueux pour arriver à la pré-grille.
Le ciel est gris clair pour l'instant, la route presque sèche. Je m'applique à chauffer au mieux mes pneus et mes plaquettes au tour de reconnaissance.
Idem au tour de chauffe ou il faut vite fait bien fait se réadapter les repères de freinage, puisque c'est la première fois que l'on roule sur le sec !
Le départ se fait au feu rouge qui s'éteint, je pars pas trop mal, guidonne sur une petite bosse puis ça se bouscule un peu au premier freinage. On ne peut pas faire autrement, 4,50 mètres de large ça fait short pour attaquer le premier freinage, même à 20 le couteau entre les dents...
Je passe 2 motos, puis me cale prudement pour ne pas prendre de risques. Les filles se bousculent et se gênent sur la trajectoire du gauche rapide avant le gros freinage.
Je me détache donc du groupe et tente le coup de passer à l'exterieur, un peu comme à LEDENON.
Top, ça marche, j'en passe 4 avant l'entrée ! je relâche doucement le frein pour rentrer dans le virage car ALESSIA est juste à ma droite.
Soudain, un choc me soulève l'arrière, l'avant décroche et sans que je n'ai le temps de rien comprendre, je suis par terre, entrain de glisser vers un arbre avec miss DUCATE.
Une autre pilote, hollandaise plus qu'optimiste au freins s'est enflammée. Elle m'a suivie, a freiné tard et m'est rentrée dans le C.. !
Je relève la moto pour repartir en la traitant de noms d'oiseaux franco-anglo-hollandais et merde, la platine de repose pied gauche est cassée alors c'est fini pur moi.
1330 KM, seulement 3tours d'une seule séance qualif avec une moto en panne, et même pas un tour complet de la course... C'est hard pour le moral...
Je regarde donc, la course que je ne peux plus disputer. Je ressens de l'admiration pour la prestation de NINA PRINZ. Fidèle à elle-même, en toute simplicité, elle impose son savoir faire...avec 40 secondes d'avance à la clé sur PAOLA CAZZOLA. J'ai trop les boules de ne pas avoir pu me défendre mes chances sur cette petite route.
La pilote hollandaise va venir avec son mécano s'excuser sous notre tente et j'apprécie beaucoup ce geste, mais m...e quel dommage.
En 600, IRIS TEN KATEN, déjà prèsente la saison dernière a également livré une vraie bataille avec CHIARA VALENTINI, qui s'est sortie dans le virage ou j'étais en tentant un freinage de ouf à IRIS. Les commissaires ne l'ayant pas vue de suite dans les bottes de paille, je suis allée l'aider à resssortir et repartir.
Si un jour ça m'arrivait, je serais franchement contente d'avoir un petit coup de pouce alors voilà.CHIARA repart donc à la poursuite de d'IRIS.
La fin de course prend une toute autre teinte qu'un échange sportif comme celui que j'ai pu avoir avec CHIARA.
Après le podium ou NINA s'impose majestueusement en 1000 et IRIS avec une bonne avance également en 600, le team manager des dauphines des 2 catégories PAOLA CAZZOLA et CHIARA VALENTINI toutes 2 sur les DUCATIS officielles porte réclamation contre NINA et IRIS pour le même motif.
Je n'ose pas le citer, car il est synonyme de honte pour le sport... motif évoqué : bulle non-conformes !
Comme dans l'ancienne émission de JACQUES MARTIN , c'est incroyable mais c'est vrai...
Ce n'est pas une rivalité sportive de pilotes qui se disputent une course loyale sur la piste (ou la route), ça devient à priori l'affaire des sponsors eux-mêmes, qui se substituent aux pilotes qui sont sur la moto.
C'est triste, de voir que quelque soit le niveau cela se produit. Les investisseurs s'approprient la course et sont prêts à tout pour assouvir leur faim de victoire pour leur petit honneur personnel, pourtant dans ces cas là, si petit... à part de l'orgueil, qu'y a-t-il tant à gagner ?
NINA PRINZ et IRIS TEN KATEN sont les vainqueurs de cette course sur route à HENGEL'EAU en 1000 et en 600, et d'une manière indiscutable, avec respectivement 40 et 15 secondes d'avance.
Je suis contre la triche, mais ou est-ce qu'une bulle différente de celle d'origine fait gagner des courses avec une telle aisance ?
Je terminerai ce résumé avec mes remerciements les plus sincères à mes partenaires de m'aider avec cœur et surtout honnêteté. Je préfère avoir moins de choses, mais que ça soit propre. La victoire n'en sera que plus belle.
Merci à YVES (GARAGE DE TOUNY) , d'avoir bravé tout ces kilomètres, pour vivre un week-end aussi pourri et trouver moyen de sourire encore et parler de comment on doit se préparer pour la prochaine fois.
Merci à FRED, d'être là, hyper opérationnel dans l'assistance de mon druide desmodromique qui perd ses lunettes...
Merci à CLAIRETTE d'être aussi passionnée et venue soutenir notre faible effectif français.
Merci à MAGALI " petit aigle " d'avoir cousu en speed mes badges la veille de notre départ après sa journée de taf.
Merci à XAVIER BOURGUIGNON de BRIDGESTONE, d'avoir aussi speedé comme un ovni pour me faire livrer mes pneus par un coursier ( promis, on pensait vraiment en avoir besoin !)
Merci à tous mes fidèles partenaires, dont les logos brillent sur mon petit site.
Merci à la carrosserie de JACKY LOPES qui m'a peint mes petits
carénages ...
Merci à ESPRIT-RACING, et oui, faut pas oublier que sans E.R et ben vous ne pourriez même pas lire ce résumé...
A la prochaine !
FLYING PIGLET
NB : petit clin d'œil INES et sa famille. Continuez à mettre du gaz... |